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Performance (w/ Julie Béna)


Pendant de longs mois, nous nous sommes entretenus Julie Béna et moi-même au sujet de Manuel Alvess, artiste secret Portugais, décédé en 2009 à l'âge de 70 ans, quelque temps après que la Fondation Serralves à Porto ne lui consacre une exposition rétrospective. Au cours de nos échanges, et sans qu'à aucun moment Julie ne soit confrontée à une seule image d'Alvess ou de ses œuvres, est survenue cette histoire qu'elle a lu quelque part et qui nous a interpellé : Des soldats partent faire la guerre. Des médecins les rencontrent et les écoutent raconter leurs histoires. Il prennent rendez-vous quelques mois plus tard et là les médecins vont leur raconter cette histoire fictive d'un bombardement qui a eu lieu le jour de l'an sur le camp faisant un mort. Les soldats sont plutôt étonnés, car ils n'en ont pas entendu parler. Une nouvelle fois, les mêmes médecins revoient les mêmes soldats pour leur demander de raconter ce qu'ils viennent de vivre. Une grande partie raconte l'histoire du bombardement du jour de l'an comme si elle avait réellement eu lieu. La rumeur était devenue souvenir. De nos dialogues aveugles, nous avons bâti une histoire mêlant rumeurs et souvenirs d'Alvess. L'histoire courte qui en découle tel un mantra sera répétée. Son redoublement engendrera l'effilochage de certaines parties de l'histoire, puis de l'ensemble de la trame, jusqu'à ne laisser apparent que l'essentiel. Épicentre de la performance, Alvess finira par nous impliquer tous les trois — Manuel, Julie et moi-même — dans une sorte d'exercice spirituel en cadence. - Antonio Contador

Performance avec Julie Béna (participation des Pom Pom Girls & Boys de l'ECE/Paris), Fondation C. Gulbenkian/Paris.

For months, Julie Bena and I spoke about Manuel Alvess, a discreet Portuguese artist who died in 2009 at the age of 70, shortly after his retrospective at the Serralves Foundation in Porto. We made clear during our discussions that Julie would never see a single image of Alvess or of his works. Based on our “blind dialogues”, we built a story named “S”.


Crédit photo : Guillaume Vieira